Appel édition 2012

Une nouvelle édition du Prix de la Coopération belge au Développement a été lancée. Cet appel est ouvert jusqu´au 31 mars 2011. Vous pourrez lire dans le règlement si vous répondez aux critères pour participer.

je désire poser ma candidature

Interview avec Joseph Macharia

Lors de son travail de fin d’étude pour sa maîtrise, Joseph Macharia a étudié les abeilles sans dard de la forêt Kakamega au Kenya. Son objectif était de démontrer comment les communautés locales pouvaient contribuer à une meilleure gestion des zones de conservation. Ses résultats montrent clairement un lien entre la protection de la biodiversité et le développement économique.
Dans son nouveau projet, Joseph étudie les sites de nidification de différentes espèces d’abeilles sans dard ainsi que les bénéfices économiques de ces abeilles pour les communautés locales.

Le 24 mars 2010, vous avez gagné le Prix de la Coopération belge au Développement. Quels ont été les premiers pas dans le développement de votre projet ?

Tout d’abord j’ai identifié les points clés de mon travail de fin d’étude de maîtrise qui nécessitaient d’être approfondis. J’ai ensuite développé une proposition selon le budget.

Vous avez reçu une ligne de crédit de 5000€. Quelles actions concrètes avez-vous menées avec ce budget ?

J’ai augmenté le nombre d’apiculteurs d’abeilles sans dard à 30. Après avoir documenté les nids trouvés dans des sites sélectionnés aux alentours de la forêt de Kakamega, j’ai décrit l’architecture des nids d’abeilles sans dard dans certains sites sélectionnés. J’ai également récolté les organismes nuisibles et les prédateurs d’abeilles sans dard pour détermination.

Quelles sont les prochaines étapes pour réaliser votre projet ?

Je dois d’abord identifier les organismes nuisibles et les prédateurs des abeilles sans dard. De plus, je documenterai les détails de l’architecture des nids d’abeilles sans dard trouvées dans la forêt Kakamega.

La participation à ce Prix a-t-elle renforcé votre lien avec la Coopération belge au Développement ?

Je pense que ce Prix a renforcé mon lien avec la Coopération belge grâce à des contacts avec des professionnels de la taxonomie des abeilles et grâce à des sources d’information.

Pensez-vous que ce Prix peut avoir une influence à long terme sur votre carrière scientifique ?

Oui, il m’a permis d’être reconnu au niveau national en tant qu’expert en abeilles sans dard. Ce Prix me permettra de publier des articles scientifiques avec « peer review » et donc de progresser dans ma carrière.

Pouvez-vous nous donner une courte description de votre projet ?

Les abeilles sans dard jouent un rôle important dans la pollinisation et dans la production de miel dans la forêt Kakamega. Ces abeilles sont menacées à cause de l’exploitation destructive et à cause d’un manque dans les connaissances sur leur nidification et leur distribution. L’objectif du projet était de documenter les sites de nidification de certaines abeilles sans dard et d’introduire l’apiculture à Kakamega.
Le projet a montré qu’une espèce telle que Meliponula bocandei préfère nicher dans la forêt secondaire tandis que Meliponula lendliana et Hypotrigona gribodoi nichent aussi bien dans les forêts secondaires qu’en terre agricole. Dix chasseurs de miel ont bénéficié d’une formation et d’une gestion en apiculture. Les apiculteurs ont multiplié le nombre de colonies, ils en ont vendu à des chercheurs et les ont utilisé pour des essais de pollinisation d’avocats.
Nous pouvons conclure de ce projet que différentes espèces ont différentes préférences de nidification. De plus, l’apiculture est une activité idéale génératrice de revenus. Elle contribue à la conservation de la biodiversité, surtout pour les communautés vivant à l’extérieur d’une forêt tropicale agissant comme zone tampon.