Appel édition 2012

Une nouvelle édition du Prix de la Coopération belge au Développement a été lancée. Cet appel est ouvert jusqu´au 31 mars 2011. Vous pourrez lire dans le règlement si vous répondez aux critères pour participer.

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Analyse systémique des contraintes en culture bananière au Rwanda

Julie VAN DAMME étudiant nominé
julie.vandamme@uclouvain.be

°1985 Belgique
Bioingénieur, Sciences Agronomiques, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, Belgique, 2008

Analyse systémique des contraintes en culture bananière au Rwanda

Au Rwanda, et dans toute la région des Grands Lacs africains, le bananier constitue la plante alimentaire principale pour des millions de personnes. Il est cultivé principalement par de petits agriculteurs. Il s'agit très majoritairement non pas du fruit jaune que l'on mange en dessert, mais de la banane à cuire. Il existe aussi la banane à bière, dont le jus peut être bu frais ou, ce qui est le plus fréquent, servir à fabriquer de la bière.
La banane est récoltée toute l'année ; le feuillage persistant protège les collines abruptes de l'érosion, et les déchets organiques sont réintégrés dans le sol. Pour les agriculteurs, les bananes sont donc de première importance pour l'alimentation familiale, les revenus et la durabilité de l'exploitation. Des dizaines de pourcents de terres agricoles se trouvent donc sous les bananiers, le plus souvent mélangés à des haricots ou à d'autres plantes.

Mais on assiste ces dernières années à une diminution significative de la récolte de bananes, imputable en grande partie aux maladies et aux insectes. Ce à quoi des chercheurs tentent d'apporter une solution en recourant à des méthodes de culture mieux adaptées et/ou à des plants améliorés.
Au Rwanda, pays à forte densité démographique, le gouvernement s'est demandé comment nourrir plus de 10 millions d'habitants en disposant de si peu de terrain, qui de surcroît est abrupt et souvent peu fertile. Il a décidé de partager la terre en zones de production agricole. On a donc demandé aux agriculteurs de se consacrer aux plantes choisies pour leur zone, par exemple les pommes de terre au nord-ouest, le manioc au sud, et les bananes au sud-est. Cette « spécialisation agricole » doit moderniser l'agriculture, et ainsi augmenter la production. Dans cette optique, le gouvernement veut remplacer la plus grande partie de la banane à bière par la banane à cuire. Dans certaines régions, les agriculteurs ne pouvaient plus cultiver le haricot dans les bananeraies - cela, pensait-on, réduisait la production.

Julie Van Damme, étudiante à l'UCL, a effectué une recherche sur les problèmes et possibilités majeurs que les agriculteurs, les informateurs agricoles, les chercheurs et les responsables politiques voyaient dans les « systèmes bananes ». Elle s'est, pour ce faire, jointe à des chercheurs nationaux et internationaux du consortium CIALCA soutenu par la DGCD (www.cialca.org).
Lors de ses interviews, l'auteur a remarqué que les agriculteurs ne partageaient pas toujours la vision du gouvernement. Les informateurs agricoles avaient de grandes difficultés à convaincre les agriculteurs de l'utilité de la politique du gouvernement qui va à l'encontre de traditions anciennes. Sont en outre pointés du doigt un accès difficile au marché, une plus grande variabilité des saisons de pluies qui font place à des saisons sèches de plus en plus longues, des possibilités réduites de la transformation industrielle de la banane à bière, et une capacité limitée de multiplier des variétés améliorées et de les mettre à la disposition des agriculteurs.

La recherche de Julie Van Damme a mis en évidence le fait que les solutions trouvées pour les petits agriculteurs ne peuvent fonctionner durablement que si le projet tient la route techniquement parlant, et si tous sont disposés à les accepter, depuis l'agriculteur jusqu'au politicien. Au sein du CIALCA, les résultats de sa recherche sont utilisés pour développer les solutions les mieux adaptées aux priorités tant des agriculteurs que des décideurs politiques.
 

rapport : M. J. Kalders, Gestion Environnementale Internationale et Recherche Agronomique, Direction Générale de la Coopération au Développement D4.3, Bruxelles, Belgique