Appel édition 2012

Une nouvelle édition du Prix de la Coopération belge au Développement a été lancée. Cet appel est ouvert jusqu´au 31 mars 2011. Vous pourrez lire dans le règlement si vous répondez aux critères pour participer.

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Ethnobotanique appliquée : Identification, utilisation et importance socioéconomique des plantes comestibles chez les Turumbu, RDC, district de Tshopo

Sarah HAESAERT étudiant lauréat
sarah_haesaert@hotmail.com

°1985 Belgique
Bioingénieur Aménagement du Territoire et des Forêts, Universiteit Gent, 2008

Toegepaste etnobotanie : Identificatie, gebruik en socio-economisch belang van wilde eetbare planten bij de Turumbu (DR Congo, district Tshopo)

Selon la définition établie en 1987 par la commission Brundtland des Nations Unies, « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. » La question de durabilité se pose lorsque s'appauvrissent les ressources qui permettent de maintenir le bien-être - d'aujourd'hui et de demain - de la population. L'utilisation durable d'une forêt ou de pêcheries signifie que l'on n'en retire pas plus de bois ou de poisson que ce qui peut y réapparaître par croissance naturelle. Le développement durable tend à un équilibre entre les intérêts écologiques, économiques et sociaux. Le présent projet étudie en profondeur l'identification, l'utilisation et l'intérêt socioéconomique des « plantes sauvages comestibles » utilisées par le groupe ethnique des Turumbu, en RDC. L'activité principale des Turumbu est l'agriculture. Pour pouvoir continuer d'assurer nourriture et revenus, ils récoltent également plantes sauvages comestibles, champignons, chenilles et miel, et recourent à l'élevage, à la pêche et à la chasse. Il s'agit d'un projet participatif, ce qui signifie que la sélection des plantes sauvages comestibles est effectuée en collaboration avec la communauté, principalement avec les villageois qui savent quelles plantes sont importantes pour eux. Trois villages ont été choisis dans la région des Turumbu, suffisamment éloignés l'un de l'autre, comportant un nombre suffisant de ménages et dans lesquels la communauté n'est pas mélangée à d'autres ethnies. L'auteur s'est tout d'abord appliqué à gagner la confiance des villageois, et à observer les habitudes et les sensibilités locales à travers des enquêtes minutieusement préparées, sondant la situation socioéconomique du ménage et leurs activités agricoles. Les plantes ont été récoltées avec des moyens simples et toujours en collaboration avec un certain nombre de villageois. Ensuite, l'identification scientifique et le traitement des résultats ont été exécutés selon les méthodologies de recherche ethnobotaniques. L'étude a démontré que la relation « pour la consommation personnelle » / « pour la vente » des plante sauvages comestibles dépend non seulement du village (éloignement de Kisangani), mais aussi des revenus globaux du ménage et de la pratique ou non de la chasse. Dans le cadre de la « biodiversité et environnement pour une vie meilleure », cette recherche a montré que les Turumbu sont prêts à domestiquer les 10 plantes sauvages comestibles les plus utilisées pour l'autoconsommation et la vente, ce qui signifie que ces plantes ne feront plus alors l'objet de récolte à grande échelle dans la forêt. Une plante importante sur le plan économique est Gnetum africanum, dont la surexploitation occasionne une rapide dégradation de la forêt ; la domestication de cette plante allégera la pression exercée sur la forêt et accroîtra les possibilités économiques et la sécurité alimentaire. Un facteur important est ici que la superficie à prévoir pour la culture puisse également rester limitée. La recherche du juste équilibre reste un exercice non négligeable. L'expérience acquise dans ce projet est utilisée pour élaborer la même approche auprès d'autres ethnies, limitées pour l'instant aux alentours de Kisangani, là où d'autres plantes peuvent être plus importantes. La collaboration intense avec la population locale contribue dans une grande mesure au développement durable des groupes ethniques, en respect de leur individualité socioéconomique et socioculturelle.
 

rapport : Prof. R. Valcke, Laboratoire de Biologie Végétale, Universiteit Hasselt, Belgique