Appel édition 2012

Une nouvelle édition du Prix de la Coopération belge au Développement a été lancée. Cet appel est ouvert jusqu´au 31 mars 2011. Vous pourrez lire dans le règlement si vous répondez aux critères pour participer.

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Les mangroves périurbaines peuvent-elles survivre ? / Effets de la pollution par eaux usées et de l'exploitation du bois sur la structure et le développement des mangroves de Mombasa (Kenya)

Mohamed Omar Said MOHAMED chercheur lauréat
msaid@kws.go.ke

°1974 Kenya
Maîtrise en Gestion Marine Ecologique, Vrije Universiteit Brussel & Universiteit Antwerpen, Belgique, 2003

Are peri-urban mangrove forests viable? Effects of sewage pollution and wood exploitation on the structure and development of the mangroves of Mombasa (Kenya)

Les mangroves constituent, au Kenya, un écosystème important. Elles pourvoient la population locale - particulièrement la fraction la plus pauvre - en aliments (poissons, mollusques et crustacés) et en bois (bois de chauffe, charbon de bois et autres) ; et protègent la bande côtière. En outre, elles sont caractérisées par une grande biodiversité.

Ce travail évalue de façon rigoureuse et scientifique les influences néfastes de la forte pression exercée par la population sur la mangrove périurbaine de la crique Tudor, à Mombassa. Il y a d'une part la pollution causée par le déversement des déchets. L'évacuation des eaux sales domestiques apporte bien sûr des éléments nutritifs à l'écosystème, mais rarement dans la composition qu'exige son fonctionnement optimal. C'est ainsi que l'on a constaté que le système aérobique-anaérobique de la mangrove à humification saine s'est mué en un système entièrement anaérobique, où les éléments nutritifs circulent beaucoup plus lentement et sont fixés dans les sédiments. D'autre part, lorsqu'il est surexploité, l'écosystème de la mangrove fournit de moins en moins de produits du bois, et la biodiversité est, elle aussi, fortement amoindrie : une coupe non réglementée occasionne la formation des trous dans la canopée, et les graines ne peuvent plus être transportées d'un lieu à l'autre.

En dépit de la dégradation observée de ce système de mangrove, l'étude se termine sur une note optimiste, et décrit des solutions possibles tenant compte de la situation existante de forte pression démographique. Actuellement, l'écosystème de la mangrove est, dans sa majeure partie, un bien public, en vertu de quoi chaque citoyen jouit du droit de l'exploiter à son gré. Cette étude plaide pour le remplacement par un système adaptable intégré basé sur une connaissance approfondie du système et où chaque citoyen - et, certainement, la partie la plus pauvre de la population - puisse y trouver réponse à ses besoins, mais d'une manière durable, de sorte que cet écosystème reste à l'avenir aussi une importante source de nourriture et de produits du bois.
 

rapport: Prof. L. Duchateau, Département de physiologie et biometrie, Universiteit Gent, Belgique