Appel édition 2012

Une nouvelle édition du Prix de la Coopération belge au Développement a été lancée. Cet appel est ouvert jusqu´au 31 mars 2011. Vous pourrez lire dans le règlement si vous répondez aux critères pour participer.

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L'influence de l'érosion du sol au Burundi et en Tanzanie occidentale sur la biodiversité benthique du lac Tanganyika, Afrique orientale

Hilde EGGERMONT étudiant lauréat


°1977 Belgique
Licence en biologie animale, Universiteit Gent, Belgique, 1999

De invloed van bodemerosie in Burundi en westelijk Tanzania op de bentische biodiversiteit van het Tanganyikameer, Oost-Afrika

A l'exception du lac Baïkal, le lac Tanganyika est le plus grand et le plus ancien lac d'eau douce du monde, avec une profondeur maximale de 1470 m et une histoire qui s'étend sur 14 millions d'années ou plus. L'importance socio-économique de ce lac pour des dizaines de millions de riverains est énorme du point de vue de l'approvisionnement en eau potable, la pêche et le transport sur l'eau. Le lac Tanganyika héberge également un écosystème unique, avec ses quelques 1400 espèces dont la plupart sont endémiques, c.-à-d. originaires du lac lui-même. C'est pourquoi le lac Tanganyika représente un laboratoire de terrain inestimable où les relations écologiques entre organismes étroitement apparentés peuvent être étudiées dans leur berceau même.
Cependant, en raison d'une activité humaine de plus en plus intense, tout cet écosystème se trouve menacé. La pollution de l'eau, et surtout la déforestation et l'érosion, avec une sédimentation accrue qu'elles entraînent, peuvent perturber gravement l'écosystème du lac Tanganyika, avec des conséquences non négligeables pour les populations locales. Le mérite du travail de Hilde Eggermont est d'avoir montré que les moustiques non-piquants de la famille des Chironomidae peuvent être utilisés comme méthode objective dans l'évaluation des effets d'une sédimentation accrue sur l'écosystème du lac Tanganyika. En effet, les moustiques non-piquants s'y prêtent particulièrement bien, étant un groupe riche en espèces, avec des adultes terrestres largement répandus et des larves aquatiques vivant en contact étroit avec les sédiments. En outre, les capsules céphaliques de ces dernières restent bien conservées dans le sédiment, de sorte que l'on peut très bien suivre l'évolution de la faune à travers le temps.
Le travail de Hilde Eggermont s'incrit dans le cadre du " Lake Tanganyika Biodiversity Project " (LTBP) subventionné par le " Environment Facility " du Programme de Développement des Nations Unies. Cette étude est particulièrement remarquable par son volet sur l'identification des espèces appartenant à cette famille de moustiques malgré tout très complexe. Jusqu'à présent, l'effet d'une sédimentation accrue semble avoir été peu important. Néanmoins, l'on peut déjà observer des changements notables dans la faune benthique, se traduisant par une extension des communautés des eaux peu profondes, au détriment des communautés des eaux profondes. Un rétrécissement supplémentaire des biotopes des eaux profondes pourrait avoir des conséquences néfastes sur le cycle des sels nutritifs et sur les organismes, y compris les poissons et les mollusques, qui dépendent des fonds vaseux organiques des eaux profondes.

rapport fait par Dr. Boudewijn Goddeeris, Département éducation et nature, Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, Bruxelles, Belgique