Appel édition 2012

Une nouvelle édition du Prix de la Coopération belge au Développement a été lancée. Cet appel est ouvert jusqu´au 31 mars 2011. Vous pourrez lire dans le règlement si vous répondez aux critères pour participer.

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Stratégies d'allocation des terres et sécurité alimentaire/Le cas du Brésil

Claire DEBUCQUOIS étudiant nominé


Belgique
Diploma

Stratégies d'allocation des terres et sécurité alimentaire/Le cas du Brésil

Pour être en bonne santé, il faut pouvoir disposer d’une bonne alimentation. Cette relation est largement admise dans nos sociétés aujourd’hui. Dans le même temps, les politiques de développement ont mis la lutte contre la pauvreté au centre des priorités. Or, force est de constater que la plupart des pauvres dans le Monde sont des ruraux et que parmi eux, on dénombre les trois-quarts des personnes qui souffrent de la faim. L’alimentation constitue le premier besoin de base de l’humanité et la sécurité alimentaire se doit d’être considérée comme un bien public mondial. De nombreux agriculteurs aujourd’hui dans les pays en développement sont sous-alimentés et confrontés à de graves problèmes de santé alors que l’exercice de leur profession devrait garantir une production alimentaire suffisante pour couvrir au moins les besoins de la famille.
Le travail réalisé par Claire Debucquois traite de l’allocation des terres et de son impact sur la sécurité alimentaire de la population en prenant le Brésil comme cadre d’étude. Comme le souligne l’auteur, la question de la terre est centrale dans tout processus de développement : elle est le socle des moyens de subsistance, richesse et contrainte, pépinière de vie. Le rôle économique des ressources foncières est patent, dès lors qu’elles permettent en premier lieu les activités vivrières de base que sont l’agriculture et l’élevage. La répartition des terres est également un facteur essentiel de justice et d’inclusion et les conséquences sociales – au sens large comme au sens spécifique des relations et conditions de travail – et culturelles de l’accès à la terre sont inestimables. Enfin, le type d’agriculture mis en œuvre, qui est intimement lié aux stratégies d’allocation foncière, a des impacts sur l’environnement qu’il n’est plus besoin de démontrer. Ces trois pôles : économique, social et environnemental, forment le « triangle » du développement durable, concept dont la Déclaration issue du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 offre une approche inspirante. En raison du rôle fondamental de l’allocation des terres au regard des trois critères cités et vu le grand nombre de dimensions qu’elle adopte (question du genre, du développement rural, de l’éducation, de l’insertion des sociétés dans un monde « globalisant », etc.), la pertinence du sujet traité dans le cadre de ce mémoire pour le développement durable est évidente.
Le choix du Brésil pour aborder ce sujet est également judicieux. En effet, ce pays émergent fait aujourd’hui partie des géants agricoles qui inondent le marché mondial de matières premières agricoles au départ de grandes exploitations fortement capitalisées. A partir de l’enjeu de l’accès à la terre au Brésil – pays souffrant moins de sous-développement que de « mal-développement », comme aimait à le répéter Fernando Henrique Cardoso –, le travail réalisé permet d’alimenter la réflexion sur la question essentielle de la sécurité alimentaire et du développement durable en axant l’analyse sur les multiples facettes de la problématique qui se pose aux pays en développement.
D’un point de vue plus pratique, la démarche inductive adoptée dans le cadre de ce travail repose sur de nombreux entretiens avec des acteurs de terrain diversifiés, ce qui privilégie la multidisciplinarité dans la recherche des solutions qui devront intégrer tant les aspects socio-économiques qu’environnementaux de la problématique. L’inégalité dans l’accès aux ressources foncières au Brésil et d’une manière plus générale dans le Monde représente une des distorsions responsables de la faim. Le travail réalisé considère les nouvelles stratégies dans les modes d’acquisition des terres et propose une mesure de leurs impacts. Il ouvre des pistes pour des politiques de développement mieux orientées sur cette question et donc plus durables.

 

Rapport : Prof. Philippe Lebailly, Unité d’Economie et Développement rural, Université de Liège - Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique