Appel édition 2012

Une nouvelle édition du Prix de la Coopération belge au Développement a été lancée. Cet appel est ouvert jusqu´au 31 mars 2011. Vous pourrez lire dans le règlement si vous répondez aux critères pour participer.

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Utilisation des sols et modèles d'activités humaines en relation avec la peste dans la région montagneuse de l’Usambara occidental, Tanzanie

Marianne HUBEAU étudiant lauréat
marianne.hubeau@ees.kuleuven.be

°1987 Belgique
Bioingénieur en Aménagement du Territoire et des Forêts, Katholieke Universiteit Leuven, Belgique

Land use and human activity patterns in relation to the plague disease in the West Usambara Mountains, Tanzania

Ce mémoire s'inscrit dans le cadre d'une enquête de longue haleine de la Katholieke Universiteit Leuven, de la Universiteit Antwerpen en de la Soikone University en Tanzanie, portant sur la diffusion de la peste bubonique en Tanzanie. Cette maladie qui, pour les Européens, revêt des accents médiévaux, est encore présente à travers le monde, mais souvent dans de petites zones isolées. C'est le cas des montagnes de l’Usambara en Tanzanie où, entre 1980 et 2004, la peste bubonique est apparue chaque année dans les villages d'une petite région d'environ 15 km sur 15, sans en sortir. Ces dernières années n'ont pas enregistré de nouveaux cas de peste bubonique mais la maladie est toujours susceptible de réapparaître. Une enquête antérieure sur les rongeurs et les puces (qui sont les vecteurs naturels de la contagion), n'a pas permis d'expliquer pourquoi la peste apparaît précisément dans cette zone, et même dans certains villages plutôt que d’autres.
Dans l'étude nominée, Marianne Hubeau examine s'il existe un lien entre la diffusion de la peste et l'utilisation de l'espace que font les hommes. Elle a étudié aussi bien des modèles statiques (quelles sont les activités pratiquées en termes d'habitat, d'agriculture, de collecte du bois, d'acheminement de l'eau,… et où sont-elles pratiquées ?) que des modèles dynamiques (quels sentiers sont utilisés pour chercher de l'eau, pour aller récolter du bois à brûler ou pour se rendre au marché ?) et elle a étudié à quelle fréquence et pendant combien de temps les gens étaient en chemin ou séjournaient à un endroit déterminé. Elle a constaté que la peste apparaissait davantage dans des villages où les hommes étaient actifs dans un plus grand périmètre autour du village, et dans le voisinage de lieux où les habitants collectaient le bois à brûler. Ces derniers éléments doivent à présent être étudiés plus en détail.
L'enquête montre que la diffusion de la peste bubonique n’est pas seulement le résultat de l'environnement naturel dans une région, mais aussi de la manière dont les hommes utilisent cet environnement. Cette information est intéressante pour l'estimation des risques et pour la mise en place de campagnes de prévention dans les montagnes de l’Usambara et les autres régions de Tanzanie touchées par la peste.

Rapport : Prof. H. Leirs, Ecologie évolutive, Universiteit Antwerpen, Belgique